Second Rabat Call to Action Launched / Deuxième Appel de Rabat de la Coalition Régionale « Egalité sans Réserve » - La CEDAW à l’ère des transitions politiques

On Thursday, March 13, 2014 in Rabat the regional Equality Without Reservation Coalition launched its renewed call for the lifting of all reservations to the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women (CEDAW) by Arab countries that have ratified it, while urging non-signatory states to ratify the CEDAW and its Optional Protocol .
 
On Thursday, March 13, 2014, the MENA regional Equality Without Reservation Ccoaltion launched the Second Rabat Call to Action at an event and press release organized by WLP Morocco/ADFM, entitled "CEDAW and the Political Changes in the Middle East-North Africa."  At the event, the Coalition stressed the primacy of international conventions over local laws, drawing special attention to countries in which new constitutions are under development.
 
 
The Rabat Call to Action also called for the establishment of national monitoring mechanisms to ensure better implementation of women's human rights mandates, and fight discrimination and violence against women and girls, in accordance with CEDAW.
 
 
Regarding the role of women in the revolutions and political uprsising still ongoing in some Arab countries, the Declaration urged the region's governments to assume their responsibilities to ensure the equal rights of all citizens, during this historic time, which will impact generations to come.
 
The conference included a series of statements by members of Equality Without Reservation's follow-up committee, based in Lebanon, Jordan, Palestine, Egypt, Tunisia, and Morocco. The statements reviewed the ratification process of CEDAW in their respective countries and the role of the Coalition in the consolidation of women's human rights, while encouraging each national government to withdraw the reservations to the Convention.
 
The coalition is in the process of launching a campaign for the revitalization of CEDAW advocacy and implementation, in the wake of political changes that have taken place in the Arab region after the Arab Spring, noting the urgency of this effort in countries that have experienced rollbacks in terms of women's rights.
 
 
 
Second Rabat Call to Action:
 
*English forthcoming
 
L’histoire de la CEDAW dans les pays arabes est une histoirefaite de mobilisations, de contre mobilisations et de diabolisation. A cetitre, elle raconte les combats et les sacrifices des femmes et des démocratesde la région en faveur du progrès et contre la régression de l’ensemble dessociétés arabes. Car comment envisager le progrès sans ces femmes que lesrévolutions et les soulèvements populaires des dernières années ont montré aumonde : des femmes de tous les âges, de toutes les conditions socialesdéterminées, bravant les dangers et résolues à peser sur le cours del’histoire.
 
Cette histoire, et ses développements récents suite auxrévolutions et soulèvements dans la région, reflète et traduit les difficultésdes périodes de transition, à degrés divers, pour ces pays de construire unprojet politique démocratique en rupture avec la dictature et avec lesidéologies identitaires de masse. En effet, si la diabolisation de laConvention CEDAW a constitué une constante dans les pays arabes, toutefois, lescontroverses autour de cette Convention se sont amplifiées dés le début despériodes de transition politique dans plusieurs pays de la région y comprisdans ceux qui n’ont pas connu de révolution.
 
Alors que les principes et normes universelles relatifs à ladémocratie, à la citoyenneté, à la place de la religion dans le champpolitique, sont entrain de faire leur chemin dans les débats politiques etsociaux dans de nombreux pays arabes, plusieurs courants politiquesconservateurs se sont saisis de la CEDAW pour dévoiler leur projet politiquetotalitaire, violent et passéiste. A l’exception de tout autre traitéinternational des droits de l’homme, la Convention CEDAW a cristallisé lespolarisations et les haines ayant abouti durant les dernières années à desdemandes visant le désengagement des pays arabes des obligations découlant deleur ratification de la CEDAW. N’osant pas s’attaquer de front aux autresvaleurs universelles telles que la démocratie, les droits de l’homme, etc., lescourants conservateurs prétendent réserver un traitement particulier, encoreune fois, au statut des femmes dans la sphère privée et publique. Les violencesinouïes, dont avaient été victimes les femmes en Egypte, en Libye et enSyrie, ne montrent qu’une partie du projet préconisé par cescourants.
 
Durant les trois dernières années, à la faveur de la montéede l’aspiration à la citoyenneté effective, des progrès ont été enregistrésnotamment dans les nouvelles constitutions de certains pays par lareconnaissance de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous lesdomaines et par la levée des réserves sur l’article 16- article le plusdiabolisé par les mouvements conservateurs- comme c’est le cas de la Tunisie etdu Maroc. Toutefois, les passions, les mobilisations et les contremobilisations, dont a fait l’objet la CEDAW durant la période de transitionsdans la quasi majorité des pays arabes, incitent à remettre en cause lesfinalités de ce qui est appelé le Printemps arabe et de ce pourquoi desmillions d’hommes et de femmes sont sortis dans les rues.
 
Le projet des opposants aux droits des femmes et à la CEDAW,porteur d’oppression, de discrimination et de violences à l’encontre de lamoitié des sociétés arabes ne peut coexister avec les aspirations à ladémocratie, à la liberté et à l’égale dignité des citoyens et citoyennes despays arabes. C’est rater le rendez-vous avec l’histoire que de penserque le changement peut intervenir sans les femmes surtout dans la région arabe.
 
Soutenue par le rôle joué par les femmes durant lesrévolutions et soulèvements récents, la Coalition Egalité sans réserve,groupement d’organisations nationales et internationales des droits des femmeset des droits de l’homme en faveur de la levée des réserves et de laratification par les pays de la région de son protocole optionnel, appelle lesgouvernements, l’ensemble des décideurs ainsi que les forces vives de la régionà prendre leur responsabilité dans une période historique qui détermineral’avenir des générations futures afin de:
 
  • Lever toutes lesréserves sur la Convention CEDAW ;
  • Ratifier la ConventionCEDAW, pour les Etats qui n’y sont pas encore partie ;
  • Ratifier son protocoleoptionnel ;
  • Inscrire le principe dela primauté des conventions ratifiées par les pays sur les lois internes dansles constitutions en cours d’élaboration
  • Inscrire la prohibitionde la discrimination en raison du sexe et l’égalité et la parité entre leshommes et les femmes dans les constitutions de leurs pays respectifs, dans leslégislations nationales et dans l’ensemble des politiques publiques
  • Mettre en place desmécanismes de contrôle, de redevabilité et de suivi visant à garantirl’effectivité des droits humains fondamentaux des femmes tels que consacrés parla Convention CEDAW et à lutter contre les discriminations et les violences àl’encontre des femmes et des filles.
 
Rabat, le 13 mars 2014
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